Hollande: "Ce que je propose à Bayrou"

Publié le par Wildcat

 

François Hollande souhaite de la clarté : "Si nous avons suffisamment à faire ensemble, disons-le, sans avoir peur de perdre notre âme."

L'ancien premier secrétaire du PS suggère au président du MoDem, François Bayrou, de faire le point sur leurs "convergences". Et d'en tirer, le cas échéant, les conclusions.

Pendant la campagne pour les élections municipales, vous disiez : "François Bayrou est un concurrent, pas un partenaire." Le pensez-vous toujours ?

François Bayrou est d'ores et déjà candidat à l'élection présidentielle de 2012. Il est donc un concurrent. Peut-il devenir un partenaire ? Il n'a aujourd'hui ni les forces pour prétendre être présent au second tour de la présidentielle ni le projet politique lui permettant de fédérer autour de lui. La question est de savoir si, la prochaine fois, il sortira de son silence pour appeler à voter pour le candidat de la gauche face à Nicolas Sarkozy.

Que doit lui proposer ce candidat de gauche ?

Le PS ne doit céder ni à la diabolisation sans raison ni à la séduction sans principe. Mais proposer une clarification des convergences et des divergences.

Mais c'était exactement le but du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, le 28 avril 2007 !

On ne règle pas une question d'alliance entre deux tours d'une présidentielle. Alors n'attendons plus. C'est à lui de sortir de l'ambiguïté dans laquelle il se trouve. Proposons-lui de parler de politique sociale, fiscale, économique ou étrangère, et de ne pas se limiter à la condamnation de la concentration des pouvoirs, de l'atteinte aux libertés et à la laïcité... Qu'il abatte ses cartes et affiche ses idées. Et nous aussi. Si les divergences l'emportent sur les convergences, chacun comprendra le refus de l'alliance. Si c'est l'inverse, alors il faudra en tirer les conclusions.

Sur la base de ces convergences, le PS doit-il lui proposer un contrat de gouvernement?

En tout cas, ne renvoyons pas aux combinaisons, aux débauchages de dernière minute, qu'il a dénoncés tout autant que nous. Pas d'arrangements! De la clarté! Si nous avons suffisamment à faire ensemble, disons-le, sans avoir peur de perdre notre âme. Et sinon respectons-nous, sans faire semblant de parler la même langue. L'antisarkozysme n'est pas un programme.

François Bayrou est-il, selon vous, le "meilleur opposant" à Nicolas Sarkozy?

Il est d'abord, à mes yeux, l'un des responsables de son accession à l'Elysée. Il affirme qu'il avait anticipé les dérives qu'il dénonce aujourd'hui : l'hyperprésidence, l'atlantisme et le modèle inégalitaire. Que n'a-t-il pas évité ces risques en faisant obstacle à l'élection de Nicolas Sarkozy ? S'il ne va pas jusqu'au bout de cette clarification, c'est qu'il n'a pas évolué par rapport à sa posture de 2007.

Quel intérêt aurait François Bayrou à dialoguer avec le PS?

L'intérêt est pour le pays. Et pour une conception de la politique qui doit être fondée sur le contenu des propositions et pas sur l'expression d'un style. Il a du panache dans sa solitude, il a même réussi à en faire une alliée alors qu'elle le prive de toute perspective de victoire. Sauf à compter sur les divisions de la gauche et de la droite.

Commentant la stratégie de Ségolène Royal entre les deux tours, en 2007, vous aviez dit: "Je ne pose pas de questions auxquelles je suis sûr qu'on va me répondre non." N'est-ce pas exactement ce que vous faites, puisque vous êtes persuadé que François Bayrou se dérobera?

Je fais de la pédagogie. J'ai posé les principes d'une stratégie d'alliance pour le Parti socialiste lors des municipales : le rassemblement de la gauche sur un projet avec des partenaires liés par un contrat. C'est sur le respect de ces principes qu'ont été acceptées des alliances locales avec le MoDem. C'est la même stratégie que je propose pour les scrutins à venir. Que François Bayrou affiche la sienne.

Publié dans Actualités MoDem

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